AMG Showbizz AMG Showbizz AMG Showbizz AMG Showbizz AMG Showbizz AMG Showbizz AMG Showbizz AMG Showbizz
AMG Showbizz
Hommage à Oscar Peterson


Sans contredit l’un des plus grands pianistes jazz au monde, il a acquis un statut de renommée internationale, recevant les plus hautes distinctions et les plus hauts prix, et performant avec les plus grands noms de la musique, tels Charlie Parker, Joe Pass, Louis Armstrong, Nat « King » Cole ou encore Ella Fitzgerald. Brièvement, le parcours exceptionnel du pianiste aux doigts d’or, Oscar Peterson.

Né le 15 août 1925, dans le quartier Saint-Henri à Montréal, de parents antillais ayant immigré au Canada, Oscar Emmanuel Peterson est le quatrième enfant d’une famille de cinq (Fred, Daisy, Charles, Oscar et May). Dès leur jeune âge, leur père, Daniel Peterson, un musicien autodidacte, tenait à ce QUE tous étudient la musique. Ainsi, à l’âge de cinq ans, Oscar faisait ses premiers pas en études classiques, à la trompette et au piano. Peu de temps après, il a dû arrêter la trompette, car la tuberculose s’était emparée de lui et avait endommagé ses poumons. C’est alors qu’il s’est tourné vers le piano. Oscar avait maintenant la chance de recevoir ses premières leçons de nulle autre que sa sœur, Daisy, qui est devenue sa véritable première professeure de piano.

Son talent exceptionnel et son amour pour le piano l’ont amené à pratiquer 12 à 14 heures par jour. Meilleur de jour en jour, Oscar en impressionnait plus d’un, si bien que plusieurs pianistes renommés, comme Lou Hooper, qui s’inspire du jazz de Harlem, et Paul de Marky, héritier du célèbre compositeur Franz Liszt, ont accepté sans hésiter de l’aider dans son cheminement musical pratique et théorique, de toujours pousser ses aptitudes un peu plus loin. Entre-temps, sa sœur Daisy avait réussi à persuader Oscar d’auditionner pour un concours national de pianiste amateur organisé par le réseau anglais de Radio-Canada. Cela a porté ses fruits, puisqu’il a remporté le concours. Lentement, sa carrière prenait son envol.

Au cours des années 1940, Oscar Peterson a eu l’occasion de participer à plusieurs émissions de radio. Il a joué, entre autres, à Fifteen Minutes Piano Rambling (CKAC Montréal), à Rhythm Time (à CBM, station radiophonique montréalaise anglaise sur les ondes de la Société Radio-Canada) ainsi qu’aux séries Light Up and Listen et The Happy Gang, l’émission de l’heure au réseau national de la SRC. En 1945, il a enregistré The Sheik of Araby et I Got Rhythm, ses premiers albums, chacun vendu à des milliers d’exemplaires. Dès le premier 78 tours, on remarque son intérêt pour le boogie-woogie, ce qui lui a valu le surnom de « Bombardier brun du boogie-woogie ». Pendant ce temps-là, aux États-Unis, son nom commençait déjà à se faire entendre.

En 1949, après être venu au Canada pour constater le talent d’Oscar Peterson, l’impresario américain Norman Grantz s’associe à lui; c’est le début de la plus importante collaboration professionnelle de la carrière d’Oscar, qui dura près de quarante ans. Cette même année, alors âgé de 24 ans et à la suggestion de Norman, il joue au Carnegie Hall, à New York, en tant qu’invité-surprise au sein de l’orchestre Jazz at the Philharmonic, auprès des plus grands musiciens américains. Sa performance exceptionnelle venait tout juste de propulser sa carrière.

De son vivant, Oscar Peterson s’est bâti une forte réputation autant dans ses différents trios que comme soliste. Son talent est reconnu mondialement : des Amériques à l’Asie, en passant par l’Europe. Par ailleurs, dans le domaine de l’enseignement, Oscar compte plusieurs réalisations importantes. D’abord, de 1960 à 1962, Oscar Peterson a dirigé la Advanced School of Contemporary Music (ASCM) à Toronto, école de musique qu’il a fondée avec le contrebassiste Ray Brown, le batteur Ed Thigpen et le compositeur Phil Nimmons, par où plusieurs pianistes canadiens réputés sont passés. Puis, en 1974 et au milieu des années 1980, il a respectivement participé à la création du Jazz Workshop, au Centre des arts de Banff, et a travaillé comme professeur de musique adjoint à la York University.

Au bout du compte, il a animé un bon nombre d’émissions, participé à plusieurs événements et festivals et enregistré quelque deux-cents albums. Sa carrière exceptionnelle lui a permis de récolter les prix les plus prestigieux, incluant distinctions, médailles, diplômes et licences. Parmi ceux-ci, on compte entre autres : un diplôme d’honneur de la Conférence canadienne des arts (CCA), une médaille George-Peabody, une médaille de la reine, un prix Praemium Imperiale (équivalent du prix Nobel dans le domaine des arts), un prix Conseil international de la musique de l’UNESCO, un prix Gemini, un prix Génie, un prix Edison, un prix Playboy Allstar, un prix Glenn-Gould (il est le seul musicien de jazz à avoir remporter ce prix habituellement décerné à des musiciens du répertoire classique), un prix Masterworks, un prix du Gouverneur général pour les arts de la scène, deux prix Juno, huit prix Grammy (dont un pour récompenser l’œuvre de toute une vie) et treize doctorats honorifiques décernés par diverses universités canadiennes.

En plus d’avoir été admis au Temple de la renommée du Canada en musique, on lui a décerné plusieurs titres, dont membre honoraire du Conseil canadien de la musique, membre honoraire à vie de la Musicians’ Guild of Montreal, chevalier de l’Ordre national du Québec, compagnon de l’Ordre du Canada, membre de l’Ordre de l’Ontario, chancelier de la York University et officier de l’Ordre des arts et des lettres de France. En plus de cela, un prix (créé par le Festival international de jazz de Montréal), deux bourses (créées par la Berklee School of Music ainsi que par Verve Music Group Canada, Telarc Records et l’Université Concordia) et une salle de concert (celle de l’Université Concordia) ont été baptisés en son nom, sans oublier le timbre émis par Poste Canada, en 2005, en l’honneur de sa contribution à la musique.

À ce jour, ses compositions les plus connues demeurent Canadiana Suite et Hymn to Freedom, œuvre inspirée du mouvement de Martin Luther King pour protester contre la ségrégation raciale et pour promouvoir la liberté et l’égalité de tous les hommes.

Influencé par plusieurs musiciens de jazz populaires ainsi que par la manière de jouer de l’illustre Art Tatum, l’une de ses idoles et mentor, Oscar a su suivre sa voie, celle du jazz, et avec passion. Une technique parfaite, une profondeur incomparable, un swing unique, une musique magique. Oscar Peterson était le roi du jazz; d’ailleurs, il maîtrisait son art sur le bout des doigts.

par Mark Mc Kenna


AMG Showbizz